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test d'effort

Pourquoi un test d’effort ? C’est un peu la question que je me posais avant de prendre une licence d’athlétisme en 2011. Un test d’effort ne pouvait être réalisé que dans deux cas (extrêmes) : les athlètes de haut niveau et les patients de services de cardiologie.

Méconnaissance de néophyte d’alors car j’en suis à mon troisième test d’effort après 3 saisons au club d’athlétisme.

Quelques temps avant le début de la préparation de mon premier marathon (Paris, 2013 – 3h34), l’entraîneur me demande si j’ai réalisé un test d’effort récemment…Stupeur de ma part n’étant pas dans les deux catégories précitées que j’avais fléché de manière cartésienne et catégorique. La suite m’a fait changer d’avis et le test d’effort est le préalable indispensable à l’organisation d’une saison (vous allez voir plus bas….).

Voici donc une petite analyse. Loin d’être une publication scientifique, le but est de faire partager mon expérience et rendre compte de l’avis du cardiologue (Dr Marcadet) sur sa vision médicale d’un tel test d’effort.

ICPC test d'effort
ICPC test d’effort

Prise de RDV pour un test d’effort

Rendez-vous a été pris avec le docteur Dany Marcadet et son équipe. J’ai précisé lors de la demande de rendez-vous que je souhaitais un test d’effort (ECG : électrocardiogramme) avec VO2Max. Le test se déroulera sur tapis. C’est donc la troisième fois que nous nous rencontrons : son équipe possède donc l’ensemble des résultats passés pour pouvoir les comparer.

Me (re)voilà donc à la Clinique de Turin, plus précisément à l’institut cœur Paris centre, dans le 8è arrondissement de Paris à 9h00. J’ai volontairement pris le rendez-vous le matin, comme une épreuve sportive. En effet, il faut s’attendre à fournir un effort équivalent à une course de 10kms….voire plus (test VMA ou fractionnés sur piste, pour les sensations).

La semaine précédant ce test d’effort, j’ai pris soin d’alléger considérablement mon entraînement :

Mardi 2*2000m,

Jeudi 4*600m,

Samedi 1h00 en endurance,

Dimanche 1h00 en endurance.

Déroulement du test d’effort (coté patient)

Le test se déroule en présence de deux personnes : le docteur Marcadet, cardiologue, et son assistante qui contrôlera l’ensemble des mesures de pression artérielles.

Test d'effort
Test d’effort pour les coureurs

La séance commence par la pose des électrodes sur la poitrine pour l’électrocardiogramme.

 

La pression artérielle est prise également. Le docteur Marcadet rappelle le protocole : le tapis sera relevé à 2% et une accélération de 1kmh se produira toutes les 2’.

L’assistante m’installe aussi un tube dans la bouche et installe une pince sur le nez de telle sorte que l’appareil recueille le volume d’air expiré : avant effort, pendant l’effort puis en période de récupération.

Le test d’effort commence à 8km/h, histoire de se mettre en jambes pour moi car ce n’est pas évident de cavaler sur un tapis. C’est le matin : tant mieux, la pièce est pratiquement à 19°C et je m’aperçois que mes FC (fréquences cardiaques) sont plus hautes qu’à l’accoutumée.

Je compte environ 10 pulsations de plus qu’en temps normal à 10km/h. D’autre part, le ressenti sur tapis est plus intense qu’en course car la machine n’offre aucun répit et la respiration via le tube placé dans la bouche demande un temps d’adaptation.

J’ai ainsi couru 10 paliers à 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16 et 17kmh. Le dernier palier ayant été validé, le docteur pense que j’ai une VMA un peu supérieure à 17km/h.

L’assistante du docteur fait ralentir la machine de telle sorte que l’on passe rapidement en mode « récupération » sur le tapis. Le tuyau est enlevé et le docteur Marcadet commente les résultats instantanément.

Résultats du test d’effort

Pour ce qui me concerne, on observe que la FC évolue proportionnellement à l’effort, sans à coup. C’est bon signe. La VO2Max est estimée à 56.3 ml/min/kg soit 151% de la théorique. Il y a une amélioration par rapport à 2014 avec 1km/h de plus sur le dernier palier.

Le docteur Marcadet estime mon seuil aérobie à 12km/h et le seuil anaérobie à environ 14km/h (soit l’allure semi-marathon). Mon dernier semi marathon remontant à 2013 (Semi de Boulogne, 1h33) je pense donc pouvoir améliorer le chrono sur cette distance…. et 10kms.

Au-delà de l’aspect sportif, mon souhait était également de savoir si je n’étais pas prédisposé à des anomalies cardiovasculaires au regard des volumes d’entraînement et des charges hebdomadaires inhérentes à la préparation d’une épreuve (route ou trail).

Image 1 : ECG à 17kmh
Image 1 : ECG à 17kmh

Image 2 : ECG après 50 sec de récupération
Image 2 : ECG après 50 sec de récupération

La VO2 max pour le coureur à pied (comme tout sport d’endurance) est utile pour observer les besoins en consommation d’oxygène au regard de l’augmentation de l’intensité de l’effort. A partir du moment où la courbe plafonne, la VO2max est atteinte : si cette mesure s’adapte à l’effort demandé, c’est un bon signe d’adaptation à l’effort sans défaillance.

Pour autant la VMA (vitesse maximale aérobie) atteinte sur tapis de course n’exclut en rien les chances pour le sportif de courir plus vite (1 ou 2 km/h pour certains). En effet, le manque d’habitude à la course sur tapis peut surprendre : en 2013 le protocole s’était arrêté à 15km/h pour ce qui me concerne.

A titre personnel, je pense que toutes les conclusions ne doivent pas être tirées d’un test d’effort de 30 minutes. C’est un indicateur fiable mais cela demeure une variable susceptible d’évolution puisque la VMA peut (doit) être contrôlée en cours de saison sur piste. De même l’entraînement spécifique devra chercher à améliorer les indicateurs :

On peut imaginer un entraînement qualitatif et non quantitatif pour améliorer la récupération et éviter le surmenage physique.

En tout état de cause, un tel test d’effort doit être réalisé au sein d’une unité médicale adaptée, formée et habituée à ce genre de test. L’accident existe en cas d’inadaptation cardiorespiratoire puisque l’on doit finir ce test pratiquement à l’épuisement.

L’intérêt d’un test d’effort

 Pour le coureur à pied, ce que je retiens de ce test d’effort :

  • évaluation globale de la performance ;
  • construction plus précise d’un plan d’entraînement avec son coach ;
  • précisions sur la VMA
  • consommation maximale d’oxygène connue ;
  • connaissance de la FCM (fréquence cardiaque maximale).

Après le test d’effort, vous avez la possibilité de prendre une douche. Idéal pour réattaquer la journée après cet effort !

Découvrez l’interview du Dr MARCADET

Le docteur Dany-Michel Marcadet anime le centre de réadaptation cardiovasculaire, d’évaluation fonctionnelle et de cardiologie du sport au sein de la Clinique Turin (Paris 8e).

Site du docteur Marcadet

  • Interview du Dr Marcadet

    David : Docteur, pouvez-vous nous présenter votre centre, ses moyens et ses spécificités.

    Docteur Dany-Michel Marcadet : « La « clinique du cœur », située au sein de la clinique Turin à Paris, est un centre de réadaptation, d’évaluation cardiovasculaire et de cardiologie du sport. Il dispose du matériel nécessaire pour évaluer la capacité physique et dépister les maladies cardiovasculaires. Ce matériel permet de conseiller aussi bien les sportifs, quel que soit leur niveau, pour leur entraînement en endurance que les cardiaques dans la reprise d’une activité physique. »

    David : Vous et votre équipe venez de me faire passer un test d’effort (électrocardiogramme et VO2 Max). Qu’est-ce qui caractérise ce genre de test ?

    Docteur Dany-Michel Marcadet : « Le test d’effort est le seul examen complémentaire cardiologique qui permet d’examiner un sujet pendant qu’il pratique un exercice physique. Le principe est simple. Il consiste à pratiquer un effort standardisé progressivement croissant sur vélo ou tapis roulant et d’enregistrer différents paramètres pendant cet effort : la fréquence cardiaque, la pression artérielle et l’électrocardiogramme dans la grande majorité des cas.

    Ceci permet de dépister certaines maladies cardiaques qui ne s’expriment qu’à l’effort par exemple les maladies coronaires responsables d’infarctus du myocarde ou de mort subite. On peut aussi mesurer les paramètres respiratoires c’est-à-dire l’oxygène consommé pendant l’effort et le gaz carbonique rejeté. Ces derniers paramètres permettent d’avoir une bonne évaluation du fonctionnement de l’organisme, car il mesure à la fois le système cardiovasculaire, le système respiratoire et de système musculaire. Il est très utilisé dans les unités de médecine du sport, car il permet d’optimiser la performance. »

    David : Quelle différence entre un test d’effort sur vélo  ou sur tapis roulant?

    Docteur Dany-Michel Marcadet : « Fondamentalement pas de différence, le vélo est parfait pour ceux qui pratiquent le cyclisme alors que le tapis roulant est préférable chez les coureurs à pied. Le tapis roulant est plus « stressant » pour l’organisme que le vélo, car le poids est un facteur de charge supplémentaire contrairement au cycloergométre. »

    David : Est-ce que tous les sportifs ont intérêt à passer un test d’effort similaire ou seuls les sports d’endurance sont concernés ?

     Docteur Dany-Michel Marcadet : « Le test d’effort est pratiqué pour deux raisons ; dépister une maladie cardiaque et dans ce cas c’est pour tout le monde et donc pour tous les sportifs, quel que soit le sport d’autre part pour évaluer la performance et définir des critères d’entrainement en endurance donc plutôt dans les sports d’endurance. Cependant, on sait que dans les sports mixtes comme le tennis par exemple il est indispensable, à côté des qualités explosives, d’avoir un bon niveau d’endurance pour pouvoir « tenir » un match qui traîne en longueur. »

    David : Quel est l’intérêt pour un sportif de passer un test d’effort (entraînement, condition physique, planification de la saison) ?

    Docteur Dany-Michel Marcadet : « Cet examen très simple est riche de renseignements sur notre système de fonctionnement. Il permet de dépister des maladies cardiaques silencieuses et d’éviter ainsi certains accidents qui surviennent sur les terrains de sport comme la mort subite ou l’infarctus du myocarde. Il permet le diagnostic de certains symptômes qui surviennent à l’effort ou après l’effort et de proposer ainsi un traitement adapté. Il permet enfin d’évaluer la capacité physique d’un sujet et de lui proposer un entraînement adapté pour améliorer sa performance. »

    David : Selon vous, tout le monde (y compris les personnes sédentaires) devrait passer un test d’effort ?

    Docteur Dany-Michel Marcadet : « Dans le cadre de la médecine sportive de haut niveau, le test d’effort est pratiqué dans tous les cas. Chez les sportifs amateurs on estime qu’il faut le faire soit parce qu’il est nécessaire d’adapter un entraînement soit pour dépister une maladie. Dans ce dernier cas, il sera indiqué quand il existe des symptômes (douleurs thoraciques, essoufflement anormal, palpitations et sensation de tachycardie, perte de connaissance ou diminution de performance inexpliquée) enfin quand il existe des facteurs de risque de maladie cardiaque : tabagisme, hypertension artérielle, cholestérol trop élevé ou diabète, stress important professionnel ou familial, antécédent dans la famille d’infarctus, d’accident vasculaire cérébral ou de mort subite. Chez les sédentaires enfin il souvent pratiqué pour les mêmes raisons de diagnostic et d’évaluation. »

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