Manon Uffren est née le 2 juin 1997 à Avignon. Milieu de terrain formée dans le sud de la France, elle a gravi les échelons du football féminin français avant de s’expatrier en Italie, à Parme. Son parcours, des terrains poussiéreux d’Eygalières aux pelouses de D1 Arkema, illustre une trajectoire construite sur la durée, loin des projecteurs médiatiques réservés aux clubs de l’Olympique Lyonnais ou du Paris Saint-Germain.
Des premiers ballons à Eygalières au parcours en sélections de jeunes
Le football entre dans la vie de Manon Uffren vers quatre ou cinq ans, dans le jardin familial, avec son frère. La famille baigne dans le milieu : son père présidait le club local d’Eygalières, dans les Bouches-du-Rhône, après avoir succédé au grand-père. Sa mère travaillait également au club.
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Manon Uffren prend sa première licence dans ce village et évolue avec les garçons jusqu’à l’âge de quatorze ou quinze ans. L’accueil n’est pas toujours simple. Elle le raconte elle-même dans un entretien accordé à Onze Mondial : les préjugés existent, elle est souvent la seule fille sur le terrain dans les villages alentour.
Cette période forge une joueuse habituée à se mesurer physiquement et techniquement à des partenaires et adversaires masculins, un schéma classique dans la formation des footballeuses françaises de sa génération.
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Sélections nationales U16, U17 et U19 : les premières marches
Les données de la Fédération Française de Football détaillent un parcours international précoce en catégories de jeunes. La fiche officielle de la FFF recense :
- U16 féminine : 3 matchs et 1 but, lors de rencontres amicales en 2013
- U17 féminine : 8 matchs et 1 but, dont 6 matchs à l’Euro féminin U17 2014 en Angleterre
- U19 féminine : 7 matchs et 2 buts, incluant des amicaux en 2015 et 4 matchs à l’Euro féminin U19 2016 en Slovaquie
Au total, ce sont 18 sélections internationales en jeunes. Ce chiffre, mentionné par le site de l’AS Saint-Etienne lors de sa signature, constitue un marqueur de son niveau de détection précoce. Participer à deux championnats d’Europe de jeunes (U17 et U19) situe une joueuse dans le premier cercle national de sa tranche d’âge.
Montpellier HSC et les débuts en D1 Arkema
Le passage au monde professionnel se fait par Montpellier. Manon Uffren rejoint le MHSC en juillet 2017 et y reste jusqu’en décembre 2019. C’est à Montpellier qu’elle découvre la D1 Arkema, le plus haut niveau du championnat féminin français.
La fiche FFF et le site des Anciens Verts indiquent qu’elle cumule 21 matchs de D1 Arkema avant son départ de Montpellier. Pour une joueuse qui arrive dans un effectif où la concurrence au milieu de terrain est rude, ce volume de jeu traduit une intégration progressive plutôt qu’un statut de titulaire immédiat.
Les données disponibles ne permettent pas de détailler précisément ses statistiques individuelles à Montpellier (buts, passes décisives). Ce qui ressort du contexte, c’est que la période montpelliéraine pose les fondations d’une carrière en première division sans encore offrir le temps de jeu régulier qu’elle obtiendra par la suite.
Prêt puis engagement à l’AS Saint-Etienne : un tournant
En décembre 2019, Manon Uffren est prêtée par Montpellier à l’AS Saint-Etienne, alors entraînée par Jérôme Bonnet. Elle dispute six rencontres avant l’arrêt des compétitions lié à la crise sanitaire. Auteure d’un but en Coupe de France face à Tarascon (victoire 7-1 au deuxième tour), elle montre des qualités qui convainquent le staff stéphanois.
Libérée par le MHSC à l’été 2020, elle signe un contrat d’un an avec l’ASSE. Son entraîneur Jérôme Bonnet souligne alors publiquement sa vision du jeu et sa qualité technique, notamment sur son pied gauche. Manon Uffren elle-même évoque une intégration fluide dans le groupe.
Elle reste à Saint-Etienne de janvier 2020 à juin 2022, ce qui en fait sa plus longue période dans un même club à ce stade de sa carrière. Cette stabilité contraste avec les passages plus courts à Montpellier et les mouvements ultérieurs.

Stade de Reims, FC Nantes et la distinction du plus beau but
Après Saint-Etienne, Manon Uffren rejoint le Stade de Reims en juillet 2022, où elle évolue jusqu’en décembre 2023. Puis elle signe au FC Nantes en janvier 2024.
C’est à Nantes que sa carrière prend une nouvelle dimension. Les bilans statistiques de la saison 2024-2025 en Arkema Première Ligue la placent parmi les joueuses les plus utilisées de l’effectif nantais. Le FC Nantes, club en développement dans le paysage de la D1 féminine, lui offre un temps de jeu conséquent et un rôle central.
Un fait notable de cette période nantaise : Manon Uffren reçoit la distinction du plus beau but de la saison en Arkema Première Ligue. Cette récompense, décernée dans le cadre d’un palmarès où Clara Mateo est élue meilleure joueuse, reste peu mise en avant dans les articles qui se limitent à lister ses transferts. Elle témoigne d’une capacité à produire des gestes décisifs au plus haut niveau français.
Départ vers Parme et évolution vers un profil d’attaquante polyvalente
En juillet 2025, Manon Uffren quitte la France pour l’Italie et rejoint le Parme Calcio. Ce transfert marque une rupture géographique après huit ans passés exclusivement dans des clubs français.
Plusieurs analyses tactiques relèvent qu’à Parme, elle opère une mutation de poste significative. Initialement identifiée comme milieu offensive et meneuse de jeu, elle évolue progressivement vers un rôle d’attaquante polyvalente, capable d’occuper l’axe ou un côté en attaquant davantage la profondeur et la surface adverse.
Cette évolution de profil, décrite comme un vrai tournant, n’est pas anodine. Passer de l’organisation du jeu à la finition demande des ajustements techniques et physiques. Les retours terrain divergent sur la pérennité de ce repositionnement, mais il élargit clairement son spectre de jeu.
Le parcours de Manon Uffren dessine une trajectoire patiente : formation villageoise, sélections nationales de jeunes, apprentissage en D1 à Montpellier, ancrage à Saint-Etienne, affirmation à Nantes avec une récompense individuelle, puis expatriation en Serie A italienne. Chaque étape a ajouté une strate de compétences à une joueuse qui, à 28 ans, continue de transformer son jeu.

