Un chiffre, et tout s’éclaire : ils sont près de 30 000 à transmettre chaque année l’énergie, la rigueur et le goût du dépassement à travers les terrains de sport du pays. Le professeur d’EPS, discret moteur de l’école, tient une place à part dans le système éducatif. Qui sont ces femmes et ces hommes qui font bouger les lignes, au sens propre comme au figuré ? Décortiquons leurs missions, leur parcours et la réalité de leur rémunération.
Les missions d’un professeur d’EPS
Le professeur d’EPS dépend du ministère de l’Éducation nationale. Il ne faut pas le confondre avec le professeur de sport, placé sous la tutelle du ministère des Sports. Sa mission ? Bien plus large qu’animer des matchs de volley ou surveiller des tours de piste. Son rôle consiste à initier ses élèves à différentes disciplines sportives, que ce soit dans un gymnase, sur une piste, ou dans la cour. Il encadre en moyenne 18 heures de cours hebdomadaires, sans compter sa participation active à la vie sportive de l’établissement. Préparer chaque séance, anticiper le matériel nécessaire, s’assurer que chaque activité se déroule dans des conditions optimales : tout cela relève de son quotidien.
La sécurité n’est jamais reléguée au second plan. Sur le terrain, il veille à l’application stricte des règles pour éviter incidents ou blessures. Si un élève se blesse, il sait réagir sans délai. Mais enseigner l’EPS, c’est aussi transmettre l’esprit d’équipe, encourager l’initiative et favoriser le respect mutuel. Autorité, vigilance, dynamisme : autant de qualités qu’il exerce, sans jamais tomber dans l’excès. Être professeur d’EPS, c’est tenir une posture d’équilibre, entre exigence et bienveillance, pour que chacun trouve sa place dans le groupe.
Les compétences requises pour être professeur d’EPS
Aimer le sport ne suffit pas. Pour tenir ce poste, il faut conjuguer passion et méthode. Le professeur d’EPS maîtrise les règles d’organisation, de sécurité, et connaît sur le bout des doigts les capacités physiques nécessaires à chaque activité. Il sait organiser les élèves en groupes de niveau, en tenant compte des différences de taille, de force ou d’aisance corporelle. Résistance physique, mais aussi résistance nerveuse : la gestion d’une classe dynamique demande de la ressource et un solide équilibre.
Pédagogue avant tout, il doit se faire entendre et respecter. Expliquer clairement une consigne, adapter le discours pour que chacun comprenne et progresse, c’est son quotidien. Il s’assure que chaque élève saisit ce qui est attendu, ajuste les exercices, encourage, recadre. En somme, il donne l’exemple, dans l’effort comme dans l’attitude.
Devenir professeur d’EPS : la formation nécessaire
Le parcours pour devenir professeur d’EPS commence dès la licence STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives), suivie d’un master MEEF dédié aux métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation. Ce cursus met l’accent sur la pratique du métier, une véritable préparation aux concours d’entrée dans la profession. Pour enseigner le sport en établissement, il faut réussir le concours national du CAPEPS.
Les concours externes sont généralement organisés à la fin de la deuxième année de master. Les lauréats intègrent alors le rang de professeur stagiaire, affectés dans l’académie qui les a recrutés. Pour valider la titularisation, un diplôme de master est obligatoire. Pendant leur année de stage, ils alternent entre enseignement en établissement et formation à l’Inspé, adaptée à leur profil :
- Lauréats du concours interne : déjà expérimentés dans l’enseignement ou en reconversion disciplinaire ;
- Lauréats du concours externe : découvrant le métier avec un temps d’alternance en établissement ;
- Lauréats du troisième concours : venus de l’extérieur de l’Éducation nationale.
Le salaire et évolution d’un professeur d’EPS
Dès la première année en alternance, le professeur d’EPS perçoit une rémunération. Une fois titularisé, son salaire débute à environ 2 000 euros bruts par mois, hors primes. Après trois décennies d’expérience, ce montant peut grimper jusqu’à près de 3 626 euros, sans compter les heures supplémentaires et les indemnités.
Le métier offre aussi des perspectives d’évolution. Par mobilité, par concours ou par validation de nouvelles compétences, le professeur d’EPS peut :
- Demander une mutation vers un autre établissement du second degré ;
- Exercer à l’étranger ;
- Devenir formateur d’adultes dans un Greta ;
- Passer à l’agrégation pour accéder à de nouvelles responsabilités.
Avec des qualifications complémentaires, il peut se spécialiser, devenir maître-formateur ou enseignant spécialisé. D’autres concours lui ouvrent la porte à de nouvelles fonctions : chef d’établissement, inspecteur de l’Éducation nationale, ou conseiller d’orientation-psychologue. Le champ des possibles s’élargit au fil du parcours, pour qui veut relever de nouveaux défis et accompagner l’école autrement.
Du gymnase à la salle des profs, le professeur d’EPS construit des trajectoires, façonne des tempéraments et insuffle l’envie de se dépasser. Un métier qui, loin des projecteurs, laisse souvent une empreinte durable dans la mémoire de ceux qu’il accompagne.


