Open/Close Menu Le sport sous un angle différent
sports de combat

Instructeur, professeurs… comment gagner le respect pendant les cours ? Je vais vous donner les astuces de l’enseignement, la pédagogie à adopter pour transmettre au mieux votre savoir en fonction du public que vous rencontrez. AT (Analyse Transactionnelle) et PNL (Programmation Neuro Linguistique) seront au rendez-vous.

L’enseignement dans les sports de combat

L’enseignement est un art, une science à part entière. Certains pensent que l’expérience et le bon niveau technique de la personne permettent à eux seuls d’avoir toutes les armes pour transmettre un savoir ancestral.

Erreur : Le meilleur technicien n’est pas forcément le meilleur instructeur et inversement. Certains sont excellents dans les deux domaines, je n’en doute pas, mon prof de JJB en est l’exemple.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, mes propos n’engagent que moi. Je vais vous faire part de mes observations, de mes cours (STAPS) mais surtout de mon analyse depuis quelques années. Je ne détiens pas la vérité et je suis toujours à la recherche d’idées nouvelles.

Pour ma part j’ai souvent eu des facilités à intégrer et à comprendre ce que mes profs me demandaient. Il m’était facile de reproduire un mouvement assez rapidement.

Lors de mes premiers cours en tant que prof ont été un choc. N’ayant jamais eu de difficultés réelles, je pensais « naïvement » qu’il me suffisait de montrer 1 fois une technique pour qu’elle soit comprise mais non acquise, (le processus est beaucoup plus long). J’ai rapidement déchanté. Pourquoi mes élèves n’arrivent-ils pas à faire un mouvement simple ? Tout simplement car l’erreur venait de moi pas d’eux. Ce que je considérais comme simple, peut être perçu comme complexe par d’autres. C’est à ce moment précis que je me suis pris de passion pour l’enseignement. C’est aussi là que j’ai assimilé les propos d’un ami professeur de math. Pour faire simple il m’expliquait qu’un bon prof c’était celui qui a souvent rencontré des difficultés à faire les choses. Il est vrai que si on a été confronté à un obstacle on peut mieux expliquer les façons de le contourner.

 

  • Les principes de base d’une bonne transmission de l’information.

    1/ La clarté des propos : Super important, rien de plus important qu’un prof qui connait son sport et qui s’exprime clairement avec une voix posée sans hésitation. Si vous cherchez vos mots, que vous vous trompez pendant l’exécution ou que vous êtes débordé, vous perdrez toute crédibilité. On verra un peu plus tard comment développer son charisme.

    2/ La démonstration : Il est souvent tentant de demander à un de ses élèves un peu expérimenté de montrer une technique à votre place. C’est très bien de déléguer, de leur faire confiance et leur montrer que vous comptez sur eux,. mais attention à ne pas en abuser et à vous satisfaire du travail des autres. Les élèves et surtout les débutants vont vous juger. Et s’ils vous voient rarement en train de montrer une technique vous allez vite perdre en légitimité.

    3/ L’écoute : Il est à mon sens primordial de baser votre pédagogie sur l’écoute de vos élèves. Éviter de trop jouer le coté mystérieux inaccessible car vous avez une ceinture un peu plus foncée que votre voisin avec quelques grades supérieurs. L’essence même des sports de combats et des arts martiaux reste l’humilité. La fausse humilité dans le but de se faire « mousser » est un autre problème que j’aborderai dans un autre article. Un prof accessible et à l’écoute aidera à gagner la sympathie de vos élèves.

    Jusque-là rien d’extraordinaire. Si vous êtes instructeurs vous ne rencontrerez certainement pas ce genre de difficulté pour expliquer une technique. Ce qui m’intéresse ce n’est pas tellement la technique expliquée en soi mais la manière dont vous allez la faire passer.

  • Une explication nécessite toujours de prendre en considération son auditoire.

    1/ L’âge : En fonction de l’âge de vos élèves vous ne montrerez pas les mêmes exercices. Non pas qu’une technique soit classée par âge ou autre mais certains mouvements demandent une maturation du cerveau que le jeune enfant n’acquiert qu’à un certain moment.

    La mécanique / Vous avez peut-être déjà rencontré un problème de coordination prononcé chez les enfants de -5ans. C’est normal pas d’affolement son cerveau ne peut pas encore bien gérer ce genre de désynchronisation entre les membres supérieurs et inférieurs. Certains ont plus de facilité mais dans la plupart des cas il faut passer un certain temps pour commencer à voir les progrès. À l’inverse des personnes âgées les jeunes sont de véritables éponges, vous leur montrer un mouvement et ils l’acquièrent rapidement et pour longtemps.

    À chaque âge son problème. Je vous conseille de faire quelques recherches sur le développement psychomoteur de l’enfant

    L’attention / Il faut vraiment prendre en compte le temps d’attention des enfants, au plus ils sont jeunes au plus leur temps d’attention est faible. Sachant cela essayez de jouer sur les effets de primauté et de récence : plus clairement, faites passer les infos les plus importantes en début et fin de cours.

    2/ Le sexe : N’entrainez pas les filles comme des garçons. L’égalité des sexes ok mais il faut cependant prendre en considération les spécificités de chaque sexe. Je ne vais pas dire qu’une femme à moins de « force ». Je vois déjà certains amis me dire qu’une fille ne frappe pas aussi fort qu’un homme et bla bla bla. Ok, mais j’écris un article sur la différence entre la force et puissance et vous verrez bien le résultat (« Les femmes sont-elles moins « forte » que les hommes ? ». [Pour illustrer mes propos rapidement une femme peut délivrer dans certaines conditions de masse et d’accélération, la même force. Elle compense souvent leur moindre quantité de muscles dans le haut du corps par une meilleure analyse et explosivité]3/ Le niveau : Je ne développerai pas ce secteur. Il me semble évident qu’on ne demande n’attende pas d’un débutant les mêmes compétences que celles d’un expert.

    4/ Groupes d’âge de genre et de niveau mélangés : Parfois pour des contraintes de créneaux horaires, de partages de salle, bref de logistique on ne peut pas faire autrement que de mélanger les cours.

    J’ai rencontré plusieurs méthodes dans ce cas de figure.

                    A/ On mélange tout le monde, l’intérêt c’est que les anciens aident les débutants et s’aguerrissent tout doucement au rôle d’enseignant en revoyant les bases). Pour le débutant il peut voir rapidement le niveau qu’il peut espérer atteindre.

                    B/ On sectorise par groupe de niveau, l’avantage réside dans le titre : le travail se fait en fonction du niveau.

    Dans les 2 cas on aura des avantages et des inconvénients. La solution, c’est de ne prendre que le bon côté des 2 méthodes. Pas facile je vous l’accorde donc essayons d’éviter les erreurs.

    Pour la méthode A/ Éviter que les anciens s’ennuient à montrer les techniques des choses qui ne les font plus vibrer. Vous pouvez par exemple les solliciter pendant de brefs instants avec un système de roulement. Votre rôle consiste à vous rendre disponible pour tous, ce n’est pas évident et cela vous demandera organisation et énergie 😉

    Pour la méthode B/ Mélanger ponctuellement les groupes pour vous soulager. N’oubliez pas que vous ne pouvez ni avoir les yeux partout ni vous diviser. Quand vous expliquez à un groupe forcement les autres seront en attente. Donc en mélangeant lors des assauts ou des techniques mettez des éducatifs en fonction du niveau.

LE CHARISME

Le charisme : une base pour devenir un bon prof à condition de bien l’utiliser

Vous avez pu lire plus haut que je parlais de légitimité de crédibilité ou encore de sympathie. Ces notions sont essentielles.

Les arts martiaux et sport de combat véhiculent des valeurs que vous pouvez transposer dans la vie personnelle. C’est bien c’est ce qu’on voudrait nous vendre. Mais à voir le comportement de certaines grosses fédérations à l’égard de leurs athlètes on  peut se demander si ce n’est pas simplement un coup marketing.

Bon ok j’envoie une petite pique à certaines fédé mais il ne faut pas se tromper c’est vous, profs et élèves qui portez les valeurs de la discipline.

En tant que prof il faut faire attention à son comportement sur et hors tapis. Aussi bien dans l’attitude que dans les propos. Surtout pour les plus petits. En tant que « ceintures noires » peu importe la légitimité la crédibilité ou le niveau réel de votre pratique, une ceinture noire est encore un gage qui induit directement un respect de la part des plus jeunes. Certains en jouent et c’est triste.

  • MON COUP DE GUEULE !

    Mon coup de gueule :

    Je vois malheureusement de plus en plus de Ceintures noires (CN) avec un niveau relativement faible à mes yeux. La ceinture noire n’est qu’un passage.

    J’aime bien cette métaphore avec l’école ; cela revient à faire toute sa scolarité jusqu’au bac passer et réussir l’exam puis s’arrêter en pensant qu’il n’y a plus rien devant alors que tout ce qui va enfin devenir intéressant se trouve après. (C’est une métaphore je ne porte aucun jugement de valeur sur des études courtes ou longues)

    Je trouve insupportable l’attitude de certains profs qui se contentent de venir enfiler leur tenue, se pavaner devant les élèves, critiquer sans donner aucune solution et se la jouer grand maître intouchable aux connaissances si poussées que les jeunes ne peuvent pas comprendre. Cette distance pour moi est futile et surtout inutile. Quel est l’intérêt de mettre autant de distance avec ses élèves ? Le respect ? Je ne suis pas certain qu’il y ait plus de respect. D’autres manières permettent d’obtenir ce fameux RESPECT.

    Je vais vous donner quelques conseils pour éviter ces travers et devenir un prof irréprochable autant que possible.

Mes 6 conseils pour devenir le meilleur instructeur

  • 1/ Restez simple et accessible

    Les années ne sont pas un gage de maitrise. Certains font partie de la décoration au même titre que les tapis et pourtant ils ne sont pas si bons que cela. Il est une chose d’être présent depuis 20ans il en est une autre de s’entrainer depuis 20ans.

    Le bon instructeur à un contact chaleureux avec ses élèves. Si après explications l’élève n’a pas toujours pas compris l’instructeur reste à sa disposition pour lui expliquer les techniques simplement sans jouer de sa hiérarchie  qui selon moi pourrit les rapports entre profs et élèves sous couvert de garder une autorité. il ne faut pas tomber dans l’excès si l’élève n’écoute pas pendant l’explication personnellement je le recadre.

  • 2/ Entrainez-vous avec vos élèves

    Si vous partagez les galères des entrainements costauds avec eux, une certaine forme de respect va s’installer. J’en vois déjà qui vont me rétorquer oui mais j’ai 10h de cours par semaine je ne peux pas faire les 10 heures de cours. À cela je répondrais que la différence entre un CN et un élevé reste sa capacité à gérer son effort par la technique. Et puis si c’est trop difficile d’être prof alors il faut rester élève et ne pas prétendre au professorat.

    L’émulation que vous créerez avec vos élèves vous permettra de prendre en crédibilité lorsqu’ils devront vous faire aveuglement confiance lors d’une compétition par exemple.

  • 3/ Mettez-vous en danger et sortez de votre zone de confort, soyez franc

    Rien de pire qu’un instructeur qui fait toujours la même chose de peur de paraître ridicule face à ses élèves.

    Soyez franc avec vous-même avec vos compétences et vos difficultés. Les élèves ne sont pas dupes et peuvent comprendre que vous êtes un humain et comme tout le monde vous avez vos limites.

    Essayez de les dépasser et marchez ensemble sur la « voie » fera de vous un véritable frère de guerre. Au plus vous vous mettrez en danger, au plus vous gagnerez le respect de vos élèves. Si maintenant vous êtes vraiment à la ramasse sur beaucoup de points posez-vous des questions 😉

  • 4/ Paradoxe : Contentez vos élèves mais imposez aussi vos préférences

    Dans les sports de combat et les arts martiaux on a des préférences que ce soit la technique, le combat, la compétition, les préparations et les démos chacun prend ses plaisirs. L’enseignement est un subtil mélange de dosage entre vos envies et celles de vos élèves. Le temps du prof tortionnaire, dictateur est révolu. (Je vous invite à lire : Pourquoi selon moi, les AM doivent revoir leurs méthodes pour éviter la désertification des dojos)

    Si vous faites uniquement plaisir à vos élèves ou à vous, l’autre partie devra se contenter de subir le cours. Ce n’est pas une solution, car vous allez au final, ni vous faire plaisir, ni faire plaisir à vos élèves.

  • 5/ Faites des compétitions, des interclubs avec vos élèves…

    Si vous voulez vraiment être crédible cela passe par la compétition. Vous avez du remarquer que les compétiteurs forment souvent le noyau dur de vos cours. Il se passe quelque chose en compétition d’indescriptible.

    Ceux qui n’y goutent pas seront indirectement et involontairement mis à part. Un lien doit se créer entre les compétiteurs d’un même club. Les participants sont allés au charbon ensemble, ont partagé des émotions fortes qu’il est difficile de retrouver ailleurs.

    Ils partagent également vos joies mais aussi vos peines. Si vous faites partie de l’équipe qui va se mesurer à un adversaire qui veut votre défaite, peu importe le résultat vous aurez conquis le respect et l’admiration de vos élèves.

  • 6/ Découvrez l’analyse transactionnelle et la PNL

    Ce sont peut-être des termes nouveaux, mais en tant que profs vous les utilisez peut être sans même le savoir. Je suis un peu plus calé sur la PNL que sur l’AT. Pour faire simple, la PNL ou programmation neuro linguistique est un outil qui permet entre-autre de faire passer une information par la posture corporelle (ce n’est pas la définition de Wikipédia mais l’idée est là).

    Le charisme peut se travailler. Savoir prendre la parole, se faire écouter, faire adhérer à ses opinions s’apprend. En tant que prof votre grade vous confère dès le départ un statut privilégié, la PNL et l’AT vont vous donner le charisme qui complètera la panoplie du bon instructeur. (Je vous invite à lire l’article « La PNL au profit de l’enseignement d’une activité sportive »)

LA COMPETITION

La compétition :

Dans les sports de combat un paramètre à prendre en considération pour les débutants : c’est la peur de la blessure. On a beau dire ce qu’on veut, cette appréhension ne se retrouve que dans les sports de combat et arts martiaux. Après tout, votre adversaire est là pour vous mettre KO… mais vous aussi. Si pendant longtemps on m’a dit que  « l’important était de participer (Pierre de Coubertin) » je réponds que c’est des bêtises pour être poli.

SI vous faites de la compétition je suis sûr que ce n’est pas pour faire briller votre adversaire ou juste pour participer et échanger. Certes certains peuvent trouver intéressant de rencontrer d’autres personnes mais je mets ce genre de rencontre dans la partie « interclubs ».

En compétition l’important est de récolter le fruit de votre travail, de vos sacrifices et de vos heures passées à transpirer avec vos collègues. Oui je suis compétiteur et non je ne suis pas violent, mon but n’est pas de faire mal à mon adversaire en lui arrachant la tête, mon objectif est de le mettre KO de la plus belle des manières.

Alors au prochain qui vous sort « l’important c’est de participer » dites-lui que vous n’avez pas fait tous ces efforts juste pour faire plaisir à Monsieur Coubertin 😉

J’ai écrit un sujet sur la gestion du stress en compétition si vous êtes intéressé c’est par ici : « Preparation mentale pour une compétition européenne » 

POUR CONCLURE

La pédagogie est un outil indispensable pour transmettre au mieux les connaissances, le savoir d’une discipline… Il est toujours difficile de savoir si notre message a été clairement compris, mais le simple fait de se poser cette question permet de nous remettre en question.

Il n’y a pas de mauvais élèves mais seulement de mauvais profs. C’est une phrase lourde de sens. Posez-vous toujours la question de savoir si votre message a été bien perçu, qu’auriez-vous pu améliorer ? Ne pensez jamais avoir toutes les réponses, la vie fait que votre jugement évoluera sans cesse et vous verrez les choses sous un angle différent en fonction des situations.

Si je devais résumer, l’important c’est de garder aux yeux de vos élèves une crédibilité et surtout une légitimité, cela demande du travail mais pour vous, vos élèves se dépasseront sans cesse.

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